
CYCLE DE THÉRAPIE DE GROUPE EMDR
Thème : Femmes victimes de colorisme
Accompagner les effets psychologiques du colorisme chez les femmes noires
Entre le 28 février et le 28 mars 2026 Tous les samedis (4 matinées)
J'ai pu constater lors des séances individuelles, que les personnes victimes de colorisme que je rencontre, ont rarement conscience du lien entre les souffrances qu'elles m'expriment et ces évènements préjudiciables parfois traumatiques auxquels elles ont été confrontées. S'ajoute à cela, l'internalisation de cet ordre social coloriste qui perdure. Elles effectuent silencieusement des aménagements internes couteux d'un point de vue émotionnel, affectif et cognitif dont elles n'ont la révélation qu'en cours de thérapie.
C'est donc, pour les accompagner dans la diminution de leurs maux que je propose ces cycles de groupe ouverts à tous ceux qui le souhaitent et en ont besoin.
Les séances thérapeutiques de groupe proposées ici, ne constituent pas une solution au colorisme dont l'origine est socio-historique.
Produit du racisme, le colorisme prend son origine dans l'esclavage colonial. C'est un construit social dont la réponse ne peut être que systémique et collective. Il est donc important de préciser qu'accompagner les personnes victimes de colorisme ne sert pas le maintien de cette hiérarchisation des groupes de personnes en fonction de leur couleur de la peau, de la texture de leurs cheveux, des traits de leurs visages... Cet espace thérapeutique reconnaît les expériences discriminatoires, préjudiciables, dévalorisantes subies par ces personnes et propose d'en accompagner les conséquences psychoaffectives, émotionnelles, psycho-corporelles.
De leur donner plus de pouvoir d'agir en les accompagnant dans la diminution de leurs souffrances, via la psycho-éducation, de la désensibilisation, un accès à des outils de gestion et de compréhension des symptômes qu'ils manifestent et des systèmes qui les produisent.
POUR QUI? ( quelques exemples)
- Vous avez déjà reçu des remarques dévalorisant, moquant ou insultant votre couleur de peau jugée plus foncée, vos cheveux ou vos traits et vous ressentez que cela influence votre rapport à vous-même, votre amour propre.
- Vous avez déjà vécu des situations dans lesquelles vous avez été isolées ou traitées différemment du fait de votre couleur de peau dite plus foncée, la texture de vos cheveux et cela impacte votre confiance en vous, ou votre estime personnelle, vos expériences émotionnelles.
- Il est difficile d'être vue comme la personne la plus foncée de peau de votre groupe d'amie.s ou de votre entourage professionnel/ personnel. Celle qui a les cheveux les plus crépus ou les traits les moins fins.
- Vous vous sentez illégitime d'être dans certains espaces ou d'agir du fait de votre couleur de peau vue comme plus foncée, de la texture de vos cheveux ou des traits de votre visage...
COMMENT ?
Voir :
Si vous souhaitez en savoir plus sur le colorisme, vous pouvez lire ces quelques lignes :
CONTEXTE SOCIO- HISTORIQUE :
Le terme colorisme a été popularisé en 1983 par l’écrivaine et activiste afro-américaine Alice Walker dans le recueil "A la recherche des jardins de nos mères".
Le colorisme désigne le traitement discriminatoire réservé au personnes noires au sein même de leur communauté, en fonction de leur couleur de peau plus claire ou plus foncée. Produit du racisme, il prend son origine dans l'esclavage colonial. Le colorisme hiérarchise non seulement les couleurs de peau ( de foncé à clair), mais aussi les textures de cheveux (de crépus à lisse) , les traits du visage (de larges à fins) ... en les associant à une proximité plus ou moins grande avec une beauté dite "européenne" et qui constituerait la norme.
Les personnes claires, bénéficiant de traitements de faveur à mesure qu'elles se rapprochent de la couleur de peau dite blanche.Les personnes perçues comme noires subissant préjudices et discriminations à mesure que leur couleur de peau s'assombrit.
Pour situer cette question dans nos contextes, le travail de J. P SAINTON, historien guadeloupéen est à relever tant il contribue à penser l'impact de la perpétuation en Guadeloupe, malgré des temporalités sociales différentes, d'un système de représentation sous-tendu par une " organisation socio- raciale".
En effet, dès la fin du XIXe siècle et au début du XX è siècle, l’ordre « socio-racial » (Sainton, 2012) sera dit officiellement révolu dans la colonie de Guadeloupe, mais en réalité, l’île restera organisée sur une « perception coloriste de la communauté civique » par laquelle « les individus se représentent, se nomment, se reconnaissent, se distinguent et s’agrègent ».
Il témoigne là, des conséquences de la période esclavagiste sur les rapports entre la couleur et la structuration sociale, qui influence le processus de construction des identités sociales en contexte post- esclavagiste et dont les conséquences sont encore observables dans les problématiques sociales et psychologiques contemporaines antillaises .
Les personnes issues de l’immigration tels que les indiens, les syriens ou les libanais arrivés dans la deuxième moitié du XIXè siècle viennent nuancer cet ordre social sans le déstructurer.
SOURCES :
SAINTON, J-P. (2009).Couleur et société en contexte post-esclavagiste : La Guadeloupe à la fin du
XIXe siècle -Contribution à l'anthropologie historique de l'aire afro-caraïbe. Guadeloupe, Pointe-à-
Pitre : Editions Jasor.
SAINTON, J-P. (2012). La décolonisation improbable. Pointe-à-Pitre, Guadeloupe: Editions Jasor.